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Jockey Review : Un drame sportif comme vous n’en avez jamais vu.

Le long métrage de 2021Jockey est une histoire brutale et sans concession sur la lutte d’un homme pour rester pertinent dans un sport qui le laisse rapidement de côté. Pourtant, le réalisateur Clint Bentley raconte cette histoire avec nuance et grâce, évitant les pièges typiques du genre. Ni d’une noirceur dévastatrice, ni d’une saccharité exacerbée, Jockey est un portrait équilibré et sérieux de son sujet. Ceux qui connaissent peu ce sport seront choqués (et probablement consternés) par les conditions de travail des jockeys, mais les spectateurs ayant une expérience de cette industrie – ou de l’agriculture en général – apprécieront la dignité accordée à ces maîtres ouvriers, financièrement vulnérables. Jockey est un drame déchirant qui explore le sport des courses de chevaux, le vieillissement et les sacrifices que font les athlètes en quête de gloire personnelle.

Clifton Collins Jr. joue le rôle de Jackson Silva, un jockey vieillissant et le point central de l’histoire. Jackson est bien considéré dans l’industrie, agissant comme une figure de mentor dans la communauté. Il a même un lien fort avec l’entraîneur Ruth Wilkes (Molly Parker), qui fait preuve d’une loyauté inhabituelle envers Jackson, le gardant plutôt que d’engager un jeune. Ruth montre avec enthousiasme à Jackson son nouveau cheval – un cheval qu’elle possède et non qu’elle entraîne pour quelqu’un d’autre – qu’elle croit destiné à la grandeur. Jackson accepte et, pour un temps, la perspective de monter un cheval gagnant lui donne un nouveau souffle. Malheureusement, la vie lui apporte plusieurs complications, notamment un jeune jockey qui se présente comme le fils de Jackson, dont il est séparé. Pour ne rien arranger, Jackson a connu des jours meilleurs ; trois fractures du dos ont laissé sa colonne vertébrale endommagée de façon permanente, et les mauvais traitements qu’il a infligés à son corps au fil des ans ont des répercussions.

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Jockey est le premier film de Bentley. Le film apparaît comme un projet passionnel profondément personnel, qui jette une lumière dure et impitoyable sur le sport. Il célèbre ses héros de tous les jours, les jockeys, des athlètes qui mènent une vie peu glorieuse et impitoyable, en contraste total avec la richesse souvent associée aux cavaliers. Si l’élevage, les courses et la vente de chevaux peuvent être réservés à quelques chanceux disposant des immenses ressources nécessaires pour pratiquer ce sport, ceux qui s’occupent des chevaux et les montent sont bien moins privilégiés. Des jockeys réels sont présentés tout au long du film, leurs formes décharnées et leur discours terre-à-terre ajoutant un réalisme de tranche de vie à l’histoire. L’effet est dévastateur, compte tenu de la brutalité de ce travail.

Dans Jockey, le sport ne représente qu’une infime partie du drame, même si les courtes scènes de Jackson en action, cadrées de manière très serrée, constituent un moment fort du film. L’essentiel de l’action de Jockey se situe plutôt dans la tourmente intérieure de Jackson. Cet homme est fier et au moins un peu blasé. Il sait que ses meilleures années sont derrière lui, et que chaque jour qui passe est un peu plus difficile pour lui de conserver le peu qu’il s’est construit. Il vit dans une caravane et a peu de ressources. Il s’affame pour garder son poids. Il s’entraîne constamment – malgré la douleur – et monte des chevaux qui ont peu de chances de gagner. C’est un mode de vie éreintant, rendu encore plus compliqué lorsque Gabriel Boullait (Moisés Arias) se présente, prétendant être le fils de Jackson.

Jockey est magnifiquement filmé, utilisant au mieux les silhouettes et les ombres pour évoquer l’esprit intérieur de Jackson. L’homme a vécu une vie difficile qui l’a rendu froid ; pourtant, au fond de lui, il y a une âme aimable qui cherche désespérément à tendre la main et à nouer des relations significatives. Bien que Jackson ait d’abord réprimandé et rejeté Gabriel, il démontre rapidement son désir d’être une figure paternelle pour ce jeune jockey. Alors qu’il discute avec ses pairs, Jackson acquiesce à l’idée que les entraîneurs sont des opportunistes avides, mais cela contraste fortement avec sa relation réelle avec Ruth. On a l’impression que Jackson est un solitaire qui mène ce style de vie parce que c’est ce qu’on attend de lui, mais au fond de lui, il y a quelqu’un qui en veut plus. Tout cela est démontré par un dialogue serré, des plans évocateurs et une performance exceptionnelle de Clifton Collins Jr.

En tant que drame sportif, Jockey subvertit les conventions, offrant une histoire nuancée qui n’est ni triomphante ni tragique. De nombreux éléments de l’histoire semblent familiers grâce à des films similaires réalisés dans le passé (des éléments de The Wrestler, The Fighter et même Secretariat sont tous présents). Ce qui rend Jockey exceptionnel, cependant, c’est son message ultime. Jackson continue d’avancer parce que c’est tout ce qu’il sait faire, mais il n’est pas amer face à la fin qui approche. C’est la vie qu’il a choisie. C’est une étude de caractère fascinante et un excellent début pour Clint Bentley.

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Jockey est sorti dans des salles limitées le 29 décembre 2021. Il dure 94 minutes et est classé R pour le langage.

Cet article a été rédigé par Sarah Bea Milner et traduit par LesVidéoprojecteurs.com. Les produits sont sélectionnés de manière indépendante. LesVidéoprojecteurs.com perçoit une rémunération lorsqu’un de nos lecteurs procède à l’achat en ligne d’un produit mis en avant.